Histoire du Shiatsu

Harmonisation du corps et de l'esprit


 

La médecine chinoise qui comprend cinq branches : l’acupuncture-moxibustion, la pharmacopée, la diététique, le qigong et le massage date du souverain mythique de la Chine l’Empereur Jaune - règne de 2697 à 2598 av. J.-C. .

Il aurait écrit le premier recueil de médecine chinoise, le plus ancien connu, le «Huángdì Nèijīng» et sous la dynastie Han, il était considéré comme le co-fondateur du taoïsme, avec Lao Tseu.  Cette médecine fut par la suite introduite au Japon par un moine Bouddhiste, au 6e siècle.

 

Puis en 561, à la demande du Japon, le médecin Chi-chong importa 164 livres de médecine chinoise qui eurent un grand impact, traitant surtout de l’acupuncture et de moxibustion, mais aussi des principes théoriques qui sous-tendent cette médecine. Et c'est sous cette influence Chinoise, que les Japonais commencèrent eux aussi à créer leur propre médecine qu’ils appelèrent Kampo. Cela dura jusqu’au 12e siècle.

 

Le premier massage adopté par les Japonais fut l’anmo, qui devint anma. Celui-ci signifie littéralement « calmer avec les mains ». Puis dès le 19e siècle, on trouve des traces du terme Shiatsu, (de Shi « les doigts » et du verbe Atsuru « presser ») dont le fondateur est Tenpeki Tamaï. En 1919 il publie un livre intitulé « Shiatsu Ho » (Méthode de pression avec les doigts), livre qui sera le déclencheur d’un large mouvement de massothérapie. En effet, jusqu’ici le massage japonais se résume à l’Anma traditionnel. Il en reprend les bases et les adapte au système énergétique chinois.

Ce mode culturel de rapport à la santé, comme un moyen naturel de soulagement et de détente c’est peu à peu réglementé au Japon sous forme d’écoles et finalisé par un diplôme d’État.

 

Les différentes écoles de shiastu :

 

Tokujiro Namikoshi, largement répandu au Japon et enseigné dans les écoles d’État japonaises,

 

Soke Ryuho Okuyama a expérimenté le koho shiatsu

 

Shizuto Masunaga, philosophe, fut un élève de Namikoshi. Il estima qu’en apportant la théorie de la médecine traditionnelle chinoise au shiatsu, on gagnerait en efficacité dans le soin. Ce shiatsu-là fut l’un de ceux qui se fit connaître en Europe, parmi bien d’autres, au milieu des années 1970 (Zen Shiatsu - Comment équilibrer le Yin et la Yang pour une meilleure santé, Guy Trédaniel Editeur, 2014);

 

En France, le shiatsu myo-énergétique a été développé par Hiroshi Iwaoka, acupuncteur, praticien en shiatsu et en sōtai, diplômé d’État du Japon ;

 

Le shiatsu macrobiotique développé par Shizuko Yamamoto, qui se caractérise par l’alimentation macrobiotique ;

 

L’Ohashiatsu de Wataru Ohashi, dans le prolongement de l’enseignement de Namikoshi, axé sur le bien-être ;

 

Le Shiatsu Yoseido, dit aussi Shiatsu Essentiel, école fondée par Yuchi Kawada qui étudia sous la direction de Namikoshi et de Masunaga ;

 

Le shiatsu Yin, shiatsu thérapeutique développé par Maître Takeuchi Nobuyuki à la clinique de médecine orientale Akahigedo au cœur de Tokyo ;

 

Le shiatsu de Ryotan Tokuda s’inscrit dans une lignée de docteurs en médecine chinoise traditionnelle et shiatsu. Tokuda a dispensé ses enseignements au Brésil depuis 1968 et en Europe depuis 1988 et fondé les Instituts Nonindo dans différents pays ;

 

Le Sei Shiatsu développé par Bernard Bouheret, kinésithérapeute et praticien en shiatsu diplômé de Koho Shiatsu (école Hakko de Maître Okuyama) et enseigné à l’École de shiatsu thérapeutique (Paris);

 

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Huángdì Nèijīng

 

Extraits du Sùwèn (1ère partie du Huángdì Nèijīng - Questions élémentaires)

– Obéissant au Dào, les anciens se modelaient sur le Yīn-Yáng et se conformaient aux Nombres. Ils étaient modérés dans leur alimentation et réglés dans leurs activités. Ils évitaient le surmenage, se gardaient de détériorer leur corps et leur esprit, se permettant ainsi de vivre un siècle. Les gens d’à présent n’agissent plus de même, ils se gavent d’alcool, sont téméraires et luxurieux. Les passions épuisent leur essence et dilapident leur Souffle naturel. Insatiables et inconsidérés, ils se livrent à leurs penchants, vont à l’encontre des vraies joies de la vie, s’agitent sans mesure et se fatiguent prématurément.

Les Sages de la haute antiquité apprenaient à chacun à éviter à temps les « perversions d’épuisement et les vents pirates », et à maintenir, par le calme et la concentration, leur souffle naturel dans la docilité, à bien contenir leur esprit à l’intérieur de telle sorte que les maladies soient sans prise. Grâce à la restriction des appétits et à la contention des velléités, le cœur demeure paisible et sans émoi, le corps travaille sans s’épuiser, le souffle suit un cours régulier et chacun d’eux est satisfait. Appréciant leur nourriture, contents de leur vêtement, joyeux dans leur médiocrité, sans envie pour de plus hautes conditions, les gens étaient ce qu’on appelle « simples ». Aucune cupidité ne ternissait leur regard, aucun dérèglement n’atteignait leur cœur. Gens ordinaires ou savants, sages ou non, tous ignoraient les émois, car ils se conformaient au Dào. Ils atteignaient cent ans sans que leur activité se lasse car leur vertu était sans défaillance. »